Repenser le modèle de production viticole – Aurélie Genolher

Repenser le modèle de production viticole – Aurélie Genolher

La sécheresse estivale, la grêle, la concurrence croissante des vins espagnols ont lourdement frappé l’économie viticole de l’arc méditerranéen en Région Occitanie. S’en est suivi une chute vertigineuse du volume des vendanges dans l’Hérault, 1er département viticole d’Occitanie : des caves coopératives ont perdu jusqu’à 30% de leur volume de récolte par rapport à l’année 2015. Trois mois sans pluie ont mis à mal les vignobles des Pyrénées Orientales et du Gard. Pendant ce temps, dans l’Aude et dans l’Hérault, les viticulteurs dénoncent les prix pratiqués par la coopérative viticole Vinadeis :  la Confédération Paysanne a déposé plainte au tribunal de Carcassonne. La préfecture d’Occitanie annonce elle une baisse du volume global de la récolte de 9% sur le bassin Languedoc-Roussillon.

Au sein de Nouveau Monde en Commun deux élu-es de la Région Occitanie sont en prise avec cette crise sans précédent : Aurélie Genholer, viticultrice dans le Gard, et Patrick Cases chef de cave dans les Pyrénées Orientales.

Entretien avec Aurélie Genolher, élue régionale Nouveau Monde en Commun, viticultrice.

Aurélie Genolher, quelle est la situation économique actuelle du secteur viticole en Région Occitanie ? Peut-on parler de situation de crise ?

La récolte 2016 risque d’être la plus faible du siècle. On est au point où l’on peut parler d’une crise non seulement économique mais environnementale aussi. En effet, le réchauffement climatique aboutit à des événements climatiques incroyables :  on vient de vivre des orages de grêle à la mi août sur le secteur du Pic Saint Loup et dans les Pyrénées Orientales,  avec une sécheresse dramatique.

Pourquoi cette baisse de production ? 

Elle est due en particulier à la sécheresse et à la baisse des surfaces exploitées par les périodes d’arrachage massif ayant eu lieu ces dernières années.

De quoi la filière a-t-elle besoin ?

La filière a besoin de soutien dans la promotion des vins et d’éviter l’entrée trop importante de vins espagnols à des prix trop concurrentiels pour les viticulteurs français. Elle doit repenser le modèle de production viticole, et partir à la recherche de cépages plus résistants au changement climatique. Concernant l’irrigation, la réflexion est beaucoup complexe. Autrefois la vigne n’était pas réputée pour être une culture nécessitant beaucoup d’eau. Or, aujourd’hui, face au réchauffement climatique, cette donnée doit être réactualisée et il faut travailler tous ensemble, élus et professionnels de toutes filières pour trouver une stratégie d’irrigation optimale pour la ressource en eau. En effet, comment accepter que dans des périodes de restrictions, le maraîcher ne puisse plus arroser ses salades car les autres agriculteurs ont pris trop d’eau?

Quelles sont les actions à la portée des élu-es régionaux pour maintenir l’activité agricole ?

Les élus régionaux ont la possibilité de travailler sur l’ensemble des besoins en viticulture méditerranéenne. Ce travail doit se faire en partenariat actif et complémentaire avec la profession. Aujourd’hui, les élus régionaux en particulier ceux du groupe NMeC en charge de l’agriculture travaillent sur le foncier et les possibilités d’installation. La prochaine thématique de réflexion sera autour de l’irrigation en agriculture en prenant en compte les spécificités et les demandes de chaque culture. Ce travail ne pourra se faire qu’en lien et en commun avec chaque filière de la profession. Concernant la recherche sur le matériel végétal, la Région doit prendre en considération cette donnée d’avenir en s’appuyant sur les centres qui travaillent depuis longtemps dans la région sur cette question-là.

Lire l’entretien avec Patrick Cases : VITICULTURE EN OCCITANIE : 2016 L’ANNÉE DE TOUS LES DANGERS

Propos recueillis par Nouveau Monde en Commun

 

1 Comment

  1. Sécheresse estivale: Le premier réflexe est évidemment de chercher une solution au niveau de l’ irrigation du vignoble, c ‘est normal mais la ressource en eau se fait rare et les équipements nécessitent des investissements lourds. La recherche sur les cépages résistants est une solution …dont les résultats ne seront disponibles qu’ à moyen terme 15 -20 ans. Le premièr des principes de précaution vis à vis de ce phénomène c’ est de penser à améliorer la capacité de rétention en eau des sols….avec des apports de matière organique dont les sols viticoles ont été privés depuis trop longtemps….sauf en viticulture biologique. Les vignes bio soufrent aussi de la sécheresse mais relativement moins que les autres. Il faut avant toute chose généraliser le co compostage sur les exploitations des déchets verts et organiques disponibles pour augmenter la résilience des sols face au changement climatique…..et en parallèle mesner les recherches appropriées. Quant à l’ irrigation oui quand la vigne en a besoin…mais quoiqu’ il en soit les inégalités en viticulture s’ aggraveront entre ceux qui auront accès à l’ eau…..et ceux pour qui c’ est impossible

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