Viticulture en Occitanie : 2016 l’année de tous les dangers

Viticulture en Occitanie : 2016 l’année de tous les dangers

La sécheresse estivale, la grêle, la concurrence croissante des vins espagnols ont lourdement frappé l’économie viticole de l’arc méditerranéen en Région Occitanie.  S’en est suivi une chute du volume des vendanges dans l’Hérault, 1er département viticole d’Occitanie, et deuxième département viticole de France. La crise viticole n’épargne pas l’Aude, les Pyrénées Orientales, ni le Gard. Trois mois sans pluie ont mis à mal les vignobles gardois. Pendant ce temps, dans l’Aude et dans l’Hérault, les viticulteurs dénoncent les prix pratiqués par la coopérative viticole Vinadeis. La Confédération Paysanne a déposé plainte au tribunal de Carcassonne. La préfecture d’Occitanie annonce une baisse du volume global de la récolte de 9% sur le bassin Languedoc-Roussillon.

Au sein de Nouveau Monde en Commun deux élu-es de la Région Occitanie sont en prise avec cette crise sans précédent : Aurélie Genholer, viticultrice dans le Gard, et Patrick Cases chef de cave dans les Pyrénées Orientales.

 Patrick Cases, quelle est la situation économique actuelle du secteur viticole dans les PO ? Peut-on parler de situation de crise ? 

La réalité viticole dans les Pyrénées Orientales s’annonce comme l’année de tout les dangers. Les vendanges 2016, sans vouloir paraphraser Steinbeck, risque de ressembler aux raisins de la colère. . La récolte 2016 sera celle des plus faibles rendements enregistrés pour la viticulture catalane.

Pourquoi cette baisse de production ?

La raison de cette baisse n’est pas due à un mauvais état sanitaire du vignoble, ni au passage de la grêle, mais tout simplement à une sécheresse avérée sur notre département. L’ampleur de la baisse est globale et varie suivant les secteurs. Elle balance tristement entre 20% et 70% suivant les terroirs, et fragilise l’équilibre économique de la filière, avec un rendement de vingt six hectolitres par hectare. Dans ce contexte, certaines exploitations ne pourront même pas faire face à la demande. Cette sécheresse s’abat sur un vignoble déjà fragilisé par de longues années d’arrachage.. En trente deux ans, la production est passée de un million sept cent mille hectolitres à très probablement moins de six cent mille cette année. Dans une viticulture mondialisée l’avenir du vignoble des Pyrénées Orientales doit passer un terrible cap, une réflexion collective urgente s’impose.

De quoi la filière a-t-elle besoin ?

Des pistes nouvelles doivent être explorées pour maintenir une activité agricole sur nos territoires. Elles doivent garantir un revenu à l’hectare digne pour les agriculteurs et les salarié-es. Il faudra avoir une réflexion sur quelle production nous voulons et comment intégrer et améliorer le système d’irrigation. Il faudra avoir un autre regard sur le matériel végétal pour l’adapter au changement climatique. Dans notre nouvelle région, le vignoble Catalan pèse un modeste petit cinq pour cent. A contrario, il occupe une place économique importante dans notre département, il est le ciment de la cohésion sociale et environnementale des populations. Dans ce contexte, il devient un enjeu politique majeur. Les élu-es de NMEC relèveront le défi!

Lire l’entretien avec Aurélie Genolher : REPENSER LE MODÈLE DE PRODUCTION VITICOLE.

Propos recueillis par Nouveau Monde en Commun

 

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