Service public ou service au public ?

Le congrès de l’association des maires et élu-e-s du Lot s’est tenu le 2 octobre en présence de Jean-Michel Baylet, Ministre de la ruralité, de l’aménagement du territoire et des collectivités.

Le Ministre a appelé à la fermeté républicaine face aux résistances à la loi, « parce que les principes de la démocratie nécessitent d’écouter l’autre ». Les manifestants contre la « loi travail » apprécieront toute la truculence des propos d’un représentant du gouvernement plus enclin au 49.3 qu’au dialogue social …

Le ministre a donc égrainé « ses solutions » en matière de service public et d’accès aux soins dans un contexte continu de baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement aux collectivités.

La sacro-sainte loi NOTRe s’appliquera sans discernement, balayant la démocratie de proximité au mépris des élu-e-s locaux et des citoyen-ne-s, regroupant à marche forcée les intercommunalités et siphonnant les communes de leurs prérogatives, démonstration édifiante d’une bien étrange conception de la démocratie.

Pour ce qui est des services publics en milieu rural, le ministre promeut la création de « maisons de service au public ».

Le glissement sémantique de service public à service au public n’est pas neutre et révèle bien la paupérisation des moyens de la puissance publique, cette logique délétère vient concourir aux fermetures de Postes, de Trésoreries, d’Ecoles …

Ne perdons pas de vue que ces contraintes budgétaires relèvent bien d’un choix politique. Le gouvernement sacrifie l’intérêt général et privilégie des mesures très contestables comme le CICE (Crédit d’impôt compétitivité-emploi) dont bénéficient des grands groupes qui n’hésitent pas à licencier ou supprimer des emplois (Sanofi, Auchan, La Poste, PSA).

Concernant l’accès aux soins le ministre met en avant la création de maisons pluridisciplinaires de santé, dispositifs par ailleurs auxquels nous concourons en région Occitanie.

J’observe avec attention l’implantation et l’évolution de ces structures dont le foncier bâti est financé par la puissance publique pour abriter des activités de médecine libérale. Même si elles répondent de toute évidence à un besoin, le bilan me semble contrasté.

Pour ma part, je considère que la forme Centre de Santé est très pertinente et efficace face à l’urgence de la situation en termes de démographie médicale.

Récemment plusieurs exemples d’implantations de Centres de Santé, là où la structuration en maisons pluridisciplinaires avait échoué, accréditent de la modernité du projet et de l’attractivité pour des praticiens souhaitant un statut salarié.

La  structure Centre de Santé permet effectivement à une collectivité locale, une association ou une coopérative d’implanter et de salarier des professionnels de santé quand les praticiens libéraux désertent les territoires.

En ma qualité de Vice-Présidente de la région aux services publics, je tiens à réaffirmer mon attachement à un service public de proximité et au maintien de son statut seul garant d’une administration neutre, impartiale et égalitaire, protégeant les droits fondamentaux des citoyens.

Marie Piqué est vice-présidente en charge des Solidarités, Services publics, de la vie associative et du logement.

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