Gérard Onesta

Gérard Onesta est président du Bureau de l’Assemblée.

 

L’élu géographe

Tout est question de cartes, de territoires en deux ou trois dimensions, dans le parcours de Gérard Onesta. Ils dessinent en creux la vision d’un homme qui veut déplacer lesmontagnes. Elargir les horizons.

Co-fondateur du mouvement des écologistes européens en 1986, il sera à 28 ans le benjamin du parlement européen. C’est peut-être cela, faire de la politique, instaurer un paysage, créer des trouées dans des décors que tout le monde pense figés. Il suffit de refuser la doxa, la vision commune des territoires. Dans son planisphère alternatif, Gérard Onesta renverse les perspectives : quand le Sud est en haut, le Nord en bas, la vision des peuples et des territoires en est profondément changée. Les cartes qui jalonnent le parcours de Gérard Onesta disent l’urgence de trouver la juste échelle pour enfin construire ensemble, fédérer, s’ouvrir, se déplacer, et ainsi déployer de nouveaux espaces, repenser son point de vue. Quitte à se confronter à des frontières inamovibles.

Dès leurs premières éditions, les sommets sur le climat sont pour Gérard Onesta des jalons dans l’urgence d’agir. Rio 1992 ? il y est le  représentant du Parlement Européen. Neuf semaines de huis-clos avec les grands de la planète. «  Les chiffres m’ont scandalisé : on estimait l’investissement à 100 milliards de dollars par an, alors que les états en dépensaient 600 pour l’armement… » Gérard Onesta touche du doigt le glacier européen, indifférent au réchauffement climatique. «  J’ai vu la limite du champ des possibles. L’Europe est loin de l’idéal démocratique. Mais l’Europe, c’est aussi l’univers des possibles, à condition que l’on veuille bien l’explorer. »

Le mariage de la grande région offre une échappée pour l’explorateur, «  une fenêtre politique s’ouvrait. Une feuille blanche… » sur laquelle dessiner une nouvelle carte, repenser les frontières. « Je veux travailler avec les territoires marginalisés.

C’est pour ça que j’ai conçu le mécanisme de l’Assemblée des territoires, et des outils de la citoyenneté active. » L’élu géographe porte désormais la création de l’Assemblée des territoires, et propose de nouvelles cartes de pratiques démocratiques.