Le débat sur l’orientation budgétaire : Intervention de Myriam Martin sur l’éducation et l’apprentissage/ AP du 15 avril 2016

Le débat sur l’orientation budgétaire : Intervention de Myriam Martin sur l’éducation et l’apprentissage/ AP du 15 avril 2016

Madame La Présidente, Mesdames et Messieurs les élu-es,

En ce qui concerne le débat sur l’orientation budgétaire, je souhaiterais commencer mon intervention sur les lycées publics. Je souhaite faire part de la satisfaction de mon groupe sur le choix fait d’étendre l’aide à la restauration scolaire à l’ensemble des élèves de la grande région. C’est un marqueur fort à gauche. Mais je pense qu’on doit aller plus loin encore si on veut faire le choix d’autres marqueurs à gauche, il faut un geste fort, celui d’étendre la gratuité des manuels scolaires à l’ensemble des élèves de la grande région.

L’ex-région Languedoc Roussillon appliquait à juste titre cette politique que nous souhaitons voir étendue à Midi Pyrénées. Cette mesure correspond à ce que doit être un service public d’éducation qui assure la gratuité d’un outil pédagogique obligatoire, le manuel scolaire, sans distinction entre les élèves, parque ce que chacun et chacune doivent avoir les mêmes droits.

Il s’agit bien de faire un choix politique. Et même si nous dénonçons la baisse inacceptable de la dotation de l’état, des choix budgétaires sont tout à fait possibles, d’autant que comme l’ont dit mes camarades avant moi, les marges de manœuvre pour mener des politiques répondant aux besoins sociaux sont possibles. Choix donc d’orienter l’argent public vers les services publics.

Un autre sujet fort, présent dans les orientations budgétaires : l’apprentissage.

Les politiques actuelles sur le sujet et les orientations indiquées nous interpellent et méritent d’être interrogées.

Souvent on parle de l’apprentissage comme voie d’excellence, sans nuances, sans bilan chiffré suffisant. Pourtant pour mener et améliorer des politiques conséquentes en matière d’apprentissage il faut s’appuyer sur des faits.

Les chiffres de la DARES, le rapport demandé par le gouvernement à l’Inspection Générale de l’Education Nationale (IGN), à l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), à l’Inspection Générale de l’Administration, de l’Education Nationale et de la Recherche (IGAENR), confirment des tendances dont il faut tenir compte : un apprentissage en augmentation mais pour les étudiants donc dans le supérieur, mais baisse de celui-ci chez les non diplômés, de nombreuses ruptures de contrat chez les moins de 18 ans, pas assez de contrôle de la région, accompagnement des apprentis insuffisant, pas assez de formation pour les tuteurs etc.

Pour contrôler l’argent public que nous investissons dans l’apprentissage il faut contrôler en amont, accompagner les apprentis et évaluer en fin de cursus.

Enfin pour conclure sur ce sujet nous voulons faire part de notre inquiétude quant à la vision actuelle de l’apprentissage qui est développée comme une voie professionnelle concurrentielle de la formation initiale publique dans les lycées professionnels. Ces deux voies doivent être complémentaires et non concurrentielles. Le protocole signé entre le président de l’association des régions de France et le premier ministre le 31 mars dernier ne peut que nous inquiéter, il contribue à mettre en danger les LP face à l’apprentissage.

Nous serons vigilant-es quant aux politiques qui seront mises en place au sein de notre région.

Pour finir, Mme Pinel tout à l’heure a parlé des « nuits debout », précisant qu’elles étaient l’expression d’une inquiétude légitime chez les jeunes. Si on ne veut pas obérer l’avenir des jeunes il faut en finir avec la loi dite travail, la loi El Khomri .

Myriam Martin

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