Intervention de Yolande GUINLE – Assemblée Plénière 2-3 Février 2017 – Point d’actualité sur la Grippe aviaire

Intervention de Yolande GUINLE – Assemblée Plénière 2-3 Février 2017 – Point d’actualité sur la Grippe aviaire

 

Notre région produit plus de 20 % des palmipèdes gras et du foie gras national. L’élevage de volailles a dégagé un chiffre d’affaires de 240 millions d’euros en 2014. Plus de 30 % des exploitations détenant des volailles se situent dans le Gers. La filière est fortement industrialisée avec une optimisation financière effrénée. Les élevages fermiers peuvent recevoir jusqu’à 16 000 poussins et les industriels 100 000 ! L’an passé notre région a débloqué des fonds pour venir en aide à la filière, cette année nous devons réitérer l’opération pour la soutenir.

Nationalement, selon le Cifog, la facture serait déjà de 200 millions d’euros, après les 300 millions de l’année dernière. Sans rentrer dans les détails des mécanismes d’aides, nous pouvons constater que celles-ci vont plus facilement aux grands groupes industriels.

Nous remarquons que les différentes normes applicables à la chaîne de production édictées par Bruxelles, favorisent l’élevage intensif et fragilisent les élevages à dimension humaine. Le nouvel épisode d’épidémie que traverse la profession nous pose d’énormes interrogations. Nous ne pourrons pas ad vitam aeternam injecter de l’argent public sans faire un audit complet de la filière.

Il semble que la structuration industrielle ne soit pas la meilleure réponse pour faire face aux attaques du virus. Elle parait au contraire être un vecteur important de l’accélération de la propagation. La logique de rentabilité, la concentration de volatiles toujours plus exponentielle mais surtout le fractionnement du process d’élevage augmentent les déplacements des bêtes. Ils démultiplient les risques d’épizootie.

La segmentation de la production et les effets économiques du vide sanitaire ont obligé les éleveurs industriels à se fournir en poussins dans des pays tiers comme la Hongrie. Ce pays est infesté par le virus, il faut savoir qu’il n’existe pas de foyer de grippe entre la Hongrie et la France. Cela étaye la thèse selon laquelle le transport peut être un facteur déterminant dans la propagation du virus.

Il est temps que nous ayons un débat sur le sujet, la filière pèse 2 milliards de chiffre d’affaire et emploie près de 100 000 personnes. Les enjeux sont considérables et nous restons persuadés que le système de production porte en lui-même les germes de sa disparition. Nous devons nous projeter dans la pérennité de la production et utiliser tous les leviers nécessaires à une réorientation de la filière. Celle-ci devra s’articuler entre les différents acteurs : les paysans, les industriels, les salariés. Nous devons explorer toutes les pistes et activer les connexions entre gestion des territoires agricoles et formations des hommes et des femmes.

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