Entretien avec Muriel Ressiguier sur le schéma régional de développement économique

Entretien avec Muriel Ressiguier sur le schéma régional de développement économique

Muriel Ressiguier, élue régionale Nouveau Monde en Commun et présidente de la commission Economie de proximité, participe aux ateliers qui élaboreront le schéma régional de développement économique d’innovation et d’internationalisation (SRDE2I). Ces ateliers thématiques où se retrouvent élu-es et acteurs, seront suivis de réunions sur les territoires, avant de faire l’objet d’une synthèse écrite. Le SRDE2I  sera voté en début d’année 2017. Ce Schéma, réalisé dans le cadre de la stratégie régionale pour l’emploi, ira jusqu’en 2021.

Muriel Ressiguier, quelle est la vocation finale de ce schéma ? 

D’abord, d’harmoniser les aides et la politique économique des deux ex-régions, pour les rendre les plus performantes possibles et les plus en adéquation avec la demande des territoires. Ce schéma inclu l’agriculture, ce qui est nouveau. Il y a en parallèle le contrat de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelle de la région LRMP. Avec la loi NOtre la Région a désormais la compétence exclusive pour donner l’aide directe aux entreprises. C’est la première étape, puis il y aura le temps de la mise à plat pour en tirer le nouveau schéma régional.

Sans le cadre de l’atelier sur l’artisanat, il s’agit de tendre vers un artisanat, une économie sociale et solidaire les plus dynamiques et les plus efficaces possibles.

En tant qu’élue, quelle voix portez-vous au sein de ces ateliers ?

On ne donne pas notre avis. L’atelier du 14 juin portait sur « Conforter notre leadership artisanal, savoir-faire et innovation ». Nous donnons des chiffres sur l’artisanat dans la grande région, pointons les enjeux principaux pour le développement de l’artisanat : pérenniser et transmettre le savoir-faire des entreprises, sensibiliser les jeunes et valoriser l’apprentissage, rompre l’isolement de l’artisan notamment en milieu rural, sensibiliser l’entreprise à l’innovation et l’accompagner dans cette démarche.

Votre participation en tant qu’élue est donc pour l’instant au stade de la rencontre et de l’écoute ?

Oui. On a choisi de passer par un temps de concertation et d’écoute pour savoir ce que les acteurs concernés voulaient, pointaient du doigt comme efficace ou non. On sera associés à ce que l’on devra en tirer. En tenant compte des propositions concrètes que font les gens, les comparer aux dispositifs existants dans les deux régions, et écrire des dispositifs adaptés aux grands territoires et les plus en adéquation possible avec l’attente des acteurs, et les plus efficaces possibles économiquement.

Quelles sont vos premières impressions sur ce paysage de l’artisanat ?

Il y a des propositions très concrètes et pertinentes, les acteurs dépassent leur expérience personnelle pour analyser vraiment ce qui marche et ce qui ne marche pas dans les dispositifs actuels. On se rend compte que les problématiques sont les mêmes sur tout le territoire, ce qui n’allait pas forcément de soi.

En quoi l’élaboration de ce schéma vous semble apporter de nouvelles perspectives ?

Je pense qu’il y a une vraie volonté politique : l’artisanat c’est une réalité économique, qui concerne plus de 250 métiers, c’est de l’emploi non délocalisable, qui peut avoir une utilité sociale, environnementale. On en a besoin. Mais c’est comme pour l’ESS, il faut casser la mauvaise image que les gens en ont : « C’est sympathique mais ce n’est pas de la vraie économie ». Or on peut vraiment créer de l’emploi sur le territoire. C’est un pari qui est fait, un pari intelligent et gagnable.

Avec l’ère de l’ESS qui se développe, l’artisanat pourrait franchir une nouvelle étape?  

Dans les ateliers sur l’économie de proximité, il y aussi l’artisanat, il y a donc des points communs. Ces cultures s’imprègnent l’une de l’autre, pour créer une économie vertueuse, pour les salariés et pour l’environnement. Donc c’est un formidable atout.

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