Christian Dupraz, quelle a été votre mission sur les Etats Généraux du Rail et de l’Intermodalité ?

Christian Dupraz, quelle a été votre mission sur les Etats Généraux du Rail et de l’Intermodalité ?

ENTRETIEN – Christian Dupraz, élu régional Nouveau Monde en   Commun, et conseiller régional délégué aux EGRI. 

–  Christian Dupraz, quelle a été votre mission sur ces EGRI ?

Ces Etats Généraux ont été plus que des Etats Généraux. Tout le monde a pu s’exprimer, alors que dans des Etats Généraux au sens classique, seuls des délégués participent. J’ai été le gardien de l’esprit de cette consultation démocratique : permettre à chacun de s’exprimer, pour faire sa propre révolution, sans tabous. Ouvrir un lieu de débat aussi large que possible. Eviter les stratégies de repli, dont les tentations étaient permanentes. La transparence de la démarche a été mon leitmotiv. Ce fut un combat quotidien, utile, passionnant.

Rétrospectivement quel regard portez-vous sur ces 80 jours de concertation ? 

Pour tenir nos engagements, nous avons dû aller très vite, avec des moyens limités. On aurait pu imaginer une démarche plus lourde, plus longue, plus construite, mais nous nous en sommes bien sortis, je pense. La participation a été forte, les débats de qualité, les participants en général reconnaissants pour cette liberté de parole, certaines contributions citoyennes sont remarquables. Et pour les élus, ce fut un sacré marathon !

Quelles sont à votre avis, les forces et les faiblesses en matière de transports de notre région Occitanie ?

Nous sommes une des régions de France où le transport collectif interurbain par rail ou autocar est le plus faible de France. C’est une faiblesse, mais du coup les marges de progression sont considérables. Et la confiance dans le train est au plus bas, suite à des retards trop fréquents, qui découragent les usagers. Imaginez que pour une liaison entre villes de tailles comparables, vous avez 50 000 voyageurs par jours dans le train entre Genève et Lausanne, alors que nous n’en avons que 10 000 entre Montpellier et Nîmes. La marge de progression est énorme.

 Qu’attendez-vous des résultats de la concertation ?

J’espère qu’avec le recul du temps, on reconnaitra que ces EGRI ont été un moment fort du débat démocratique, et le lieu où un changement radical de politique régionale des transports a été imaginé. Certains dossiers contestés ont été largement évoqués, sans tabou. Cela va marquer.

Les EGRI reposaient sur l’écoute et le dialogue, est-ce ainsi que vous concevez votre mandat d’élu régional ?

La concertation est une étape importante, et elle doit être menée avec déontologie : transparence, écoute, respect, priorité aux argumentaires construits visant l’intérêt collectif, du point de vue du citoyen, de l’usager, du contribuable. Sans oublier les objectifs de développement durable et de transition énergétique, qui s’imposent à tous. Mais le travail de l’élu ne s’arrête pas à savoir concerter. Il faut ensuite construire une politique, prendre ses responsabilités, l’expliquer, et l’appliquer. Pour ces EGRI, nous n’en sommes qu’au début. Sans déflorer les résultats de cette consultation, les conclusions sont très cohérentes et indiquent de nouvelles voies pour le développement des transports collectifs en région. Il nous faut maintenant traduire cette consultation en actes. Les citoyens pourront nous accompagner dans cette démarche, par leur vigilance, par leur participation aux instances de suivi que nous allons mettre en place, mais aussi par leur bienveillance. Les EGRI ont ouvert bien des espoirs chez les participants, il y aura nécessairement des déceptions, mais aussi, espérons-le, beaucoup de satisfaction. Gouverner, c’est choisir…

 Propos recueillis par Nouveau Monde en Commun

 

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